Née en 1991 à Lambton dans les Cantons de l’est, Alissa vit et travaille présentement à Québec.

Au cours de ses études en arts visuels, rapidement, elle est attirée par le travail tridimensionnel et habitée par des questionnements techniques. Perçu comme une nécessité, après sa formation au baccalauréat, elle décide de se perfectionner en poursuivant son éducation artistique en sculpture, à la Maison des Métiers d’art de Québec. Pendant son parcours académique, elle réalise des œuvres en participant à plusieurs symposiums en nature, à Québec et au Saguenay, où elle applique et consolide ses nouveaux apprentissages. Alimenté par ses explorations à travers ses projets, son intérêt pour les pièces surdimensionnées grandit.

En tenant compte de son affection pour le contexte de présentation (en dehors des murs) et de la technicité spécifique que cela implique, Alissa cherche activement des façons de transposer et d’adapter son travail à ces nouvelles conditions. Sa fougue et ses ambitions démesurées s’harmonisant avec les caractéristiques de l’art public, Alissa entame sa carrière de sculpteure tout en restant engagée dans un contexte artisanal en conjuguant des matériaux opposés tels la fibre et les métaux.  

En novembre 2020, elle présente son tout premier projet d’exposition individuelle : Oxymores, systèmes et démesure, parrainé par la MMAQ en bénéficiant d’une Bourse de projet grâce à la mesure Première Ovation supportée par le Ministère de la Culture et des Communications, par l’entremise de l’Entente de développement culturel de la Ville de Québec. Également supporté par cette mesure, dans le cadre d’une Bourse de mentorat soutenue par L’atelier du Bronze d’Inverness et Isabelle Frenette, à l’été 2021, elle installera sa première œuvre d’art monumentale aux abords de la rivière Chaudière à Saint-georges de Beauce dans le cadre de Beauce Art : L’international de sculpture.

 

Guidée par l’Habitat en écologie le concept d’Habiter par Heidegger, ces compositions, élaborées autour du travail de la fibre et des métaux, se ramifient sous plusieurs dispositifs de présentation : sculptures, installations éphémères et photographies. Ayant comme prémisse fondamentale la notion de structure, Alissa joue avec les paradoxes et les oxymores de formes, de couleurs et de matières. Transcendées par l’accumulation et l’opulence, ses œuvres étranges et biomorphiques, conceptualisées et perçues comme des fragments nous racontent le vivant et découlent d’une fascination profonde pour les organismes envahissants qui, intrinsèquement, cherchent à proliférer; à s’adapter et à se métamorphoser. Ses expositions, réfléchies autour des thèmes du sentier, de la luxuriance, de son obsession pour le foisonnement et son rapport au geste méticuleux répétitif, se transforment en un jardin sculptural et pastiche dont la singularité visuelle fait écho aux différents symposiums en nature auxquels elle a participé.

Fondamentalement liée à une approche artisanale, Alissa induit plus particulièrement ses recherches vers la lyse* de la matière; elle mesure l'étendue de sa malléabilité, ses propriétés et ses limites. De cette façon, elle arrive à corréler et transcender la forme et la fonction, ce qui vitalise et exalte ses compositions. Alissa s’intéresse particulièrement aux contrastes, aux métissages et à la transposition des pratiques. En favorisant le jeu, la couleur, les prises de risque et prenant plaisir à conjuguer les matières discordantes, Alissa crée des oxymores de formes qui, conséquemment, provoquent des rencontres atypiques et donne à ses pièces un caractère inusité, baroque et ludique.

 

*Lyse : La lyse est la destruction de la membrane d'une cellule biologique par un agent physique, chimique ou biologique, provoquant la mort de la cellule. (Wikipédia)